Capoeira ?


Lutte rythmée, la Capoeira plonge ses racines dans la culture millénaire africaine. Dans le contexte brésilien d’oppression des populations d’origines africaines, elle fut créée comme une expression rituelle, festive et libératrice. Elle résulte de la rencontre de multiples formes culturelles comme le jeu, la lutte, la danse, la musique, la philosophie, la religion, le théâtre et le divertissement.
Reflet d’une culture et d’une réalité sociale, la Capoeira représente à la fois un art de vivre, une pratique sportive, un instrument de libération de l’Être Humain…


Une rencontre de Capoeiristes donne lieu à ce que l’on appelle la ronde de Capoeira. Au cours de cette ronde, les chants accompagnent le rythme du Berimbau et des percussions.
Au centre de la ronde, symbole du centre du monde, deux capoeiristes "jouent" ensemble dans un espace apparemment privé de pesanteur. Le mouvement de leurs corps tisse un dialogue courtois et dangereux où les prouesses physiques et les mouvements trompeurs sont aux services de la ruse et de la sagacité de chacun des protagonistes. De même que pour de nombreuses autres pratiques et rites d’origine africaine, les anciens, détenteurs du savoir, transmettent la Capoeira par oral et par l’exemple.


L’enseignement de la Capoeira en France

On dénombre aujourd’hui près de vingt académies de Capoeira en France, dont environ dix d’entre elles en région parisienne. Cela signifie que plus d’un millier de personnes pratiquent ce sport en France. Conviviale et festive, la Capoeira éveille d’ordinaire un vif intérêt auprès des néophytes. Lors de son initiation, l’élève est amené à se définir au sein du groupe. Il doit trouver son espace, imposer aux autres son identité propre, et respecter la singularité de chacun des autres participants.


Sa forme de "jeu rythmé" permet de susciter un vif désir de participation et donc, d’insertion au sein du groupe, en particulier chez des enfants qui sont parfois réticents à toute forme de discipline. Périlleuse, acrobatique et esthétique, elle attire filles et garçons. Ses techniques et mouvements giratoires, véritables instruments de confection d’un bouclier défensif d’une part, et sa pratique rituelle, musicale et festive d’autre part, permettent d’en justifier les vertus d’art de combat auprès des jeunes "durs" des quartiers populaires.


Un jour on demanda à Mestre Pastinha...

Qu'est-ce que la capoeira ?
Et lui, le vieux maître respecté
Demeura silencieux un moment
Regarda au plus profond de son âme
Et répondit tranquillement
Sous forme de chanson
La capoeira est un jeu
Un jouet
C'est respecter ta peur
Bien doser ton courage
C'est un combat
C'est le plaisir de l'élégance
De l'intelligence
C'est le vent dans la voile
Un gémissement dans la Senzala
Un corps qui tremble
Un berimbau bien joué
L'éclat de rire d'un enfant
Le vol d'un oiseau
L'attaque du serpent corail
Le goût du danger dans la gorge
C'est rire devant l'ennemi
En agitant la main
C'est l'écho du cri de Zumbi
Dans les quilombos
C'est se relever de sa chute
Avant de toucher le sol
C'est la haine et l'espérance
Le coup porté au visage
Qui blesse le cœur
C'est aussi relever un défi
Avec la volonté de combattre
C'est un petit bateau
Abandonné sur les vagues de la mer
Un petit bateau en pèlerinage
Abandonné à la dérive.

Sans but...